Adaptation cinématographique

Le succès du roman auprès des lecteurs et des cinéastes:


Germinal est le roman de zola
le plus connu et le plus lu du grand public. Il est aussi « le classique le plus étudié à l'école », selon Dominique Goust, directeur du Livre de Poche; toutes éditions de « poche » confondues, il se vend, chaque année environ 180 000 exemplaires du roman de Zola, phenomène que, vraisemblablement, la sortie du film de Claude Berri, Germinal, ne manquera pas d'amplifier. Du reste, aujourd'hui, Zola compte parmi la dizaine d'auteurs les plus lus dans le monde. Les trois romans de Zola qui ont obtenu la plus grande faveur des cinéastes sont, par ordre d'importance, L'Assommoir, avec 10 adaptations, Nana, avec 8 adaptations, et Germinal, avec 7 adaptations (en incluant celle de C. Berri).

Zola est un auteur éminemment « cinématographique », si l'on s'attache à recenser le nombre de films qui, avec plus ou noins de liberté, ont été adaptés de son œuvre: on n'en compte pas moins de soixante-dix! Le premier film en date a été adapté de L'Assommoir et a été produit par Pathé en mai 1902. Il s'agit de Victimes de l'alcoodisme, de Ferdinand Zecca. Zola n'aurait vu, dans son existence, que ce seul film, quatre mois avant sa mort.

En ce qui concerne Germinal, la première adaptation est celle de Ferdinand Zecca: La Grève (1903), film aujourd'hui perdu, d'une durée de 15 minutes, produit par Pathé.

La seconde adaptation, aujourd'hui perdue, est un « drame cinématographique en huit tableaux »: Au pays noir (1905), de Lucien Nonguet.

Troisième adaptation: Au pays des ténèbres (1911-1912) de Victorien Jasset (film produit par Eclair).

Le quatrième film est, en fait, le premier qui s'attache à illustrer fidèlement le roman: Germinal (1913), film muet de 140 minutes, réalisé par Albert Capellani, avec la collaboration d'André Antoine, directeur du théâtre de l'Odéon.

La cinquième adaptation est celle d'un réalisateur inconnu: Germinal, présenté en 1920 par les Braudy.

La sixième adaptation a fait date: Germinal (1963), d'Yves Allégret. Le tournage s'est presque entièrement effectué en Hongrie, d'après un scénario de Charles Spaak. En voici la distribution: Jean Sorel (Étienne Lantier), Berthe Granval (Catherine), Claude Cerval (Maheu), Claude Brassesa (Chaval), Bernard Blier (Hennebeau), Pierre Destailles (Maigrat), Philippe Lemaire (Negrel). Le film connut un échec commercial.

Dans son Germinal, Pierre Assouline (Fayard, 1993) mentionne le projet, qui n'eut pas de suite, d'une adaptation, par Sartre, en vue d'une réalisation confiée à Marcel Pagliero.

Alors que C. Berri rédigeait son scénario de Germinal, Eric Barbier tournait Le Brasier, film inspiré d'un roman de Jack London mais aussi de Germinal, de Zola. Berri doit, momentanément, renoncer à son projet: Le Brasier est un film à gros budget (90 millions de francs), tourné en Pologne, en France et en Belgique. Le film sort en 1991, sans aucun succès, ce qui autorise Berri à se remettre à la rédaction du scénario puis à tourner Germinal, qui sortira en septembre 1993.

Voici, pour mémoire, quelques autres films qui, traitant du thème de la mine, ont pu, de près ou de loin, s'inspirer du roman de Zola, Germinal:

1932: La Tragédie de la mine, de Georg Wilhelm Pabst. Pabst s'inspire de la catastrophe de Courrières (Pas-de-Calais), qui a entrainé la mort de 1 200 mineurs français, en 1906, et il situe l'action de ce drame au lendemain de la Première Guerre mondiale.

La mine, située juste à la frontière entre la France et l'Allemagne, dans le film de Pabst, permet au réalisateur d'af­firmer un internationalisme généreux et une fratenité « ouvrière », que les circonstances rendent pathétiques. Un coup de grisou, en effet, détermine les mineurs westphaliens à venir en aide à leurs camarades français, non sans être confrontés à un dramatique cas de conscience.

Avant le tournage de son Germinal, Berri a tenu à faire projeter, à son équipe ce film de Pabst, reportage à la fois réaliste et visionnaire, tourne dans l'esprit du « réalisme poétique ».

1933: Borinage, de Joris Ivens et Henri Storck. C'est un documentaire retraçant la vie quotidienne des mineurs de charbon du bassin houiller de Belgique, à la suite d'une grève de plusieurs mois.

1938: Grisou, de M. de Canonge, adaptation d'une pièce écrite par Dalio et Pierre Brasseur.

1941: Le Pavillon brûle, de Jacques de Baroncelti (l'action a pour cadre une mine de cuivre).

1946: La Maison sous la mer, de Henri Calef.

1949: Le Point du jour, de Louis Daquin.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×